«Accélérer» la conscience ?

QUESTION par Jérémie (Ciboure, France)

J’écoute depuis plusieurs années des enregistrements de conférences sur la psychologie supramentale. Je trouve là des informations très stimulantes qui me rejoignent beaucoup.

Par contre, il ne m’est pas facile d’être plongé constamment dans ce matériel très vibrant et d’avoir en même temps l’impression de ne pas avancer de façon tangible dans ma conscience.

J’aimerais savoir s’il serait possible d’accélérer ma montée en conscience et quels seraient alors les moyens les plus efficaces pour y arriver?

PIERRE-LUC:

Le premier point fondamental à ne jamais oublier dans tout processus de conscientisation qui, tel que le vôtre, se déroule aux niveaux supérieurs du mental est que, contrairement à ce qui a prévalu auparavant pour l’évolution de l’âme, ce n’est plus l’humain qui dorénavant doit «monter» vers la conscience, c’est maintenant la conscience qui «vient» vers lui, de façon froide et impersonnelle, dans son temps et dans sa forme à elle.

Donc, et je ne le répéterai jamais assez, la première condition pour «monter» en conscience dans les mondes de l’esprit est de «ne pas vouloir» monter, «ne pas vouloir» accélérer, «ne pas vouloir» faire une démarche évolutive, «ne pas vouloir» devenir conscient. En d’autres mots, de se débarrasser du désir, de l’obsession ou de l’ambition d’être conscient ou «élevé en conscience». Donc de lâcher prise, de se désengager totalement du vouloir de l’égo et de laisser l’énergie faire son travail.   Lire la suite de « «Accélérer» la conscience ? »

L’interface

QUESTION par Richard A. (Victoriaville, Canada)

J’ai lu tes articles récents sur les désajustements de la parole et sur le dialogue vibratoire . Plusieurs des points que tu amènes sur l’établissement d’une communication vibratoire  entre deux personnes ressemblent beaucoup à ce que Bernard de Montréal appelait «faire de l’interface».

Peux-tu expliquer un peu plus qu’est-ce que l’interface du point de vue des hauts plans de la conscience et comment la créer sans tomber dans tous les pièges de la parole que tu as déjà mentionnés.


PIERRE-LUC :

En sciences «terrestres», l’interface désigne l’action qui permet à deux systèmes qui sont au départ étrangers l’un à l’autre d’établir entre eux une communication et des échanges à divers niveaux malgré leurs différences. Le mot «interface» désigne aussi bien le processus lui-même que le dispositif matériel, le cas échéant, qui rend possible cette action.

En informatique par exemple, l’interface est le logiciel ou le système d’exploitation qui permet de faire correspondre entre eux deux programmes dont les fonctions ou les origines ne seraient pas nécessairement conciliables. En chimie, c’est le moment du processus où deux substances différentes sont mises en contact par le biais d’un élément-catalyseur, un courant électrique ou une substance quelconque, dans le but de produire une réaction nouvelle.

Au niveau domestique, lorsque tu actionnes les commandes de la télé par exemple, c’est la manette de télécommande qui sert d’interface entre ta volonté et les composantes électroniques internes de l’appareil. Parallèlement, c’est le mouvement de ta main et de tes doigts qui sert d’interface entre ta pensée et la manette elle-même.

Dans tous ces cas, il y a un agent ou un phénomène extérieur qui fait interface et permet une communication qui serait autrement impossible ou très difficilement réalisable entre deux entités, matérielles ou non.


En sciences dites «systémiques», dans les hauts niveaux de l’intelligence supramentale, une situation semblable d’incommunicabilité de départ peut se présenter entre différents plans d’énergie, entre deux espaces-temps séparés ou entre deux civilisations de nature ou d’avancement technologique difficilement compatibles. C’est le cas notamment, au moins pour le moment, entre les mondes de haute intelligence et le mental humain dans son état actuel. Une forme d’interface peut alors se révéler très utile, sinon indispensable, pour mettre les deux parties en contact.


Bernard de Montréal a quelquefois utilisé le terme «interface», sans jamais à mon sens l’avoir vraiment très clairement défini, mais dans ce qui m’est néanmoins apparu pour lui comme une méthode d’élévation de l’esprit pouvant prendre deux aspects différents mais complémentaires:

  1. en faisant monter le niveau vibratoire d’une personne à l’aide d’un dialogue poussé à un haut niveau pour permettre à cet individu de se connecter au meilleur de son intelligence, par la technique de la question ou celle de l’opposition créative par exemple, ce que ses proches acolytes et amis semblaient faire avec lui en privé,
  2. en faisant monter d’un commun accord entre les partenaires le niveau vibratoire global d’un groupe en discussion pour permettre à la force de l’ensemble de créer une plateforme de communication et de cueillette d’informations d’un très haut niveau qui autrement serait inaccessible.

Dans le premier sens, l’interface concerne un individu qui met temporairement sa vibration et son esprit au service de l’élévation d’un autre. C’est dans cette optique qu’il faut voir le «dialogue vibratoire» dont j’ai parlé jusqu’à maintenant en y faisant ressortir les erreurs fréquentes à éviter.

Dans le second cas, il s’agit pour les individus en cause de s’allier dans l’esprit pour créer, temporairement ou de façon plus permanente, un espace psychique de haute fréquence qui servira à la fois de relais, de processeur et de réservoir d’information pour la communication entre deux mondes. Les deux notions ne sont pas nécessairement séparées.


Plusieurs conditions de base sont absolument nécessaires à l’établissement d’un dialogue vibratoire ou d’une interface qui soient réellement significatifs et créateurs de résultats. En voici quelques-unes.

L’interface repose d’abord et de façon absolue sur la volonté de chacun d’élever et de «garder élevé» en toutes circonstances le niveau vibratoire du dialogue.

Conséquemment, l’interface requiert l’élimination rapide, totale et irréversible du doute, de l’hésitation, des atermoiements, de la passivité encombrante, de la gentillesse sirupeuse et du désir de plaire, tout autant que des nombreux autres tics de personnalité et bugs de communication qui fleurissent dans presque toutes  les autres interactions humaines, notamment  la propension plus ou moins consciente à dominer ou à se mettre en valeur.

L’interface repose en second lieu sur une transparence absolue de chacun de ses partenaires. Les voiles du mensonge sous toutes ses formes, conscients ou non, celui de la méconnaissance de soi et de ses propres ombres aussi bien que ceux de la dissimulation, de la duplicité, de l’arrière-pensée, du calcul stratégique ou de la finasserie des mots y sont radicalement proscrits pour raison de nocivité de premier plan dans le processus.

Un troisième pilier de l’interface est l’alliance absolue dans l’esprit et dans l’action qui doit exister entre les partenaires. Dans cette dynamique, chaque individu dépouillé des travers de son ego reconnaît l’intelligence de ses pairs au même titre que la sienne et utilise ses ressources d’esprit pour oeuvrer de concert avec celles des autres partenaires en vue d’accomplir l’oeuvre d’élévation et de création.

Une dernière caractéristique incontournable de l’interface est la prépondérance absolue accordée à l’instantanéité dans la parole. Il s’agit en d’autres mots de la mort irrévocable de la réflexion, de la retenue à tous les niveaux, de l’autocensure et de la prison des idées reçues, celles associées en particulier aux mémoires des peuples et à la culture socio-intellectuelle ou morale.

En conséquence de cette libération, l’individu n’a désormais plus qu’à laisser pulser le centre énergétique de sa gorge en connexion directe avec les plans supérieurs de son mental et à laisser s’associer cette pulsation à celle des personnes avec qui il établit l’interface.

L’art d’abaisser une vibration

Texte de PIERRE-LUC :

«L’art d’abaisser une vibration» est pratiqué dans une très  grande variété de domaines de vie par une majorité d’êtres humains sur la planète, la plupart du temps inconsciemment et involontairement. On le remarque notamment dans les types de dialogue que ceux-ci établissent entre eux.

À cet égard, le titre de cet article aurait tout aussi bien pu s’écrire : «Comment abaisser la vibration d’un dialogue et bloquer rapidement la création d’une alliance entre deux personnes dans les hauts niveaux de l’esprit».


Le dialogue vibratoire non-réfléchi est l’une des caractéristiques les plus tangibles des échanges entre personnes dont l’esprit a franchi les barrières mémorielles de l’âme, de la personnalité et des conventions sociales. C’est un outil de premier choix pour s’élever rapidement vers les hauts niveaux d’intelligence systémique.

Ce type d’échange est pratiqué par deux personnes qui veulent faire du dialogue, même bref et occasionnel, un outil puissant et avancé de leur élévation vibratoire, plutôt qu’une simple occasion de conversation sur des faits divers, d’évacuation d’un trop plein de soucis du quotidien, de recherche d’un confort psychologique momentané ou d’entretien de relations sociales plus ou moins importantes.

Dans ce processus très volontaire et très ciblé, les deux personnes deviennent des «partenaires de communication» en mettant leur force vibratoire personnelle et leur savoir profond au service de l’élévation de l’autre. Ils forment ainsi un «couple d’esprit» durant leur acte de communication, quelle qu’en soit la durée, souvent même au-delà de cet acte lui-même.

Ces deux partenaires ont donc suffisamment de conscience, de volonté de s’élever et d’amour réel pour un autre être humain pour limiter les manifestations habituelles de leur ego trop souvent soumis à la curiosité, à l’émotion ou au désir plus ou moins avoué de se mettre soi-même en évidence. Ils vont au contraire se placer avec leurs meilleures ressources en disponibilité totale pour quelqu’un d’autre.

Un tel événement de communication peut ne durer que quelques secondes, quelques minutes ou ne s’étendre que sur quelques mois. Ce qui importe, c’est que pendant ce temps, il s’écarte des standards habituels du contact verbal humain pour s’élever en qualité, en présence et en générosité vers les plus hauts niveaux de l’amour, de la volonté et de l’esprit, créant alors un mouvement ascensionnel qui propulse l’élévation des deux partenaires dans une spirale de plus en plus créative pour les deux à l’intérieur de ces trois dimensions.


En psychologie, on définit souvent sous l’appellation «d’écoute active» un phénomène similaire dans lequel l’un des partenaires, souvent un intervenant ou un thérapeute, quelquefois un parent, un patron ou un ami, se met au service de l’autre dans une vibration dite «d’empathie» pour lui faciliter l’expression d’émotions et la prise de conscience d’une dynamique personnelle, généralement en rapport avec la liquidation d’expériences souffrantes ou une décision importante à prendre.

Dans le dialogue vibratoire évolutif, les deux partenaires dépassent le simple niveau émotif et psychologique terrestre pour parler cette fois à tous les niveaux du sujet traité, surtout les plus élevés, suivant pour cela la voie d’une intelligence non-réfléchie qui passe à travers une conscience totalement centrée, dégagée du petit moi et prioritairement orientée en permanence sur la montée du mouvement créatif de l’autre.

Cet article ne va qu’effleurer pour le moment la nature d’une opération somme toute assez simple techniquement mais pas toujours facile à saisir dans son application, surtout si on n’a jamais pu soi-même en expérimenter les effets dans sa propre personne d’un acte de la générosité d’autrui à ce sujet.

La difficulté à la saisir provient notamment du fait que cette action est non raisonnée, qu’elle est le résultat d’une interaction uniquement vibratoire et qu’elle est tributaire d’une transparence totale des deux êtres qui s’y engagent.


Peu de gens réussissent à créer un dialogue qui soit réellement vibratoire. La plupart sont aux prises avec ce que psychologues et experts-communicateurs de toutes sortes connaissent depuis longtemps comme des «bugs» ou des «tics» de communication qui farcissent constamment l’interaction verbale des humains les uns avec les autres, affectant la transparence, la fluidité et l’élévation du propos.

On peut relire à ce sujet si on le souhaite l’article sur la parole désajustée.


Pour mieux faire comprendre les difficultés du dialogue vibratoire et préparer son avènement chez les personnes qui le souhaitent, je procède «à l’inverse du bon sens» et vous présente à ma façon un peu humoristique habituelle un «mode d’emploi» qui garantira à toutes fins pratiques le blocage à plus ou moins court terme de l’intelligence et de l’alliance de haut niveau entre les personnes.


Le texte se lit autant au féminin qu’au masculin.


COMMENT ABAISSER RAPIDEMENT LE NIVEAU VIBRATOIRE D’UN DIALOGUE

MODE D’EMPLOI ET SUGGESTIONS

Soyez distrait en parlant à l’autre personne. Laissez votre esprit être capté par toutes les pensées et stimulations ambiantes. Pensez à ce que vous n’avez pas encore réglé dans la journée et aux tâches qu’il vous reste à faire une fois la conversation finie. Mieux encore, faites carrément autre chose en même temps que vous êtes en conversation, comme ranger des objets, nettoyer un meuble ou noter des choses futures à faire.

Tenez le niveau de la conversation au plus bas possible. Parlez de sujets anodins et bien connus. Ne faites qu’effleurer en surface chaque sujet abordé.

Ne restez surtout pas en écoute attentive. Babillez. Discourez. Parlez sans suite de tout ce qui vous vient à l’esprit. Blaguez continuellement.

Faites diversion lorsque le sujet de conversation veut commencer à s’approfondir. Utilisez  par exemple la technique des idées soudaines et saugrenues dans le style «Ah! Ce que tu dis, ça me fait justement penser à…»

Interrompez à chaque instant pour insérer votre point de vue.

À l’inverse, restez muet, hésitant, passif ou en retrait, acquiesçant à tout et faisant l’éponge plutôt que de manifester toute forme d’énergie active.

Si l’interlocuteur se confie sur quelque chose, posez à tout moment des questions de toutes sortes pour satisfaire votre curiosité et les besoins de «votre propre enquête» sur la situation.

Faites continuellement intervenir vos propres avis, vos opinions, vos diagnostics sur ce qui se passe d’après vous.

Ramenez tout à vous-même et à votre propre vécu en utilisant à chaque phrase de l’autre la technique du «Moi aussi, c’est pareil», enchaînant immédiatement sur votre propre histoire.

Racontez vous à l’infini.

Banalisez et minimisez l’impact des choses que l’autre vous confie.

Plaignez et compatissez à l’excès. Tentez de rassurer et de cajoler à tout prix.

Innovez en vous plaignant vous-même pour aider à déplacer le pôle de l’attention vers vous.

Comparez ostensiblement votre cas à celui de l’autre et faites ressortir que vos douleurs sont au moins aussi fortes que les siennes.

Faites sentir à l’autre qu’il est souvent dans l’erreur et qu’il a trop facilement tendance à se mettre les pieds dans les plats. Faites-lui la morale au besoin.

Faites-lui sentir plus ou moins finement que vous êtes plus intelligent que lui. Humiliez-le un tant soit peu et vantez-vous plus ou moins subtilement.


Bien sûr, ces suggestions ne sont données qu’à titre d’exemple et ne prétendent aucunement couvrir toute l’étendue de la créativité et de la défaillance humaine dans l’établissement d’un dialogue.

Bien sûr aussi, toute ressemblance avec une personne vivante ou disparue ne serait que le fruit du hasard, si jamais il existe.

La parole désajustée

Texte de PIERRE-LUC :

Peu d’hommes et de femmes, même parmi ceux et celles qui veulent bien se voir comme éveillés en conscience, savent éviter les nombreux pièges de la parole.

Plusieurs se montrent au contraire maladroits, sinon ignorants des conséquences sur eux et sur autrui de la façon dont ils se comportent avec les mots et le discours.

La parole avec son centre énergétique principal au niveau la gorge est le nouveau moyen prioritaire de création et d’expansion de conscience pour les gens de la nouvelle fondation qui s’installe sur le globe.

Il n’est cependant pas donné au premier venu d’avoir une parole réellement vibratoire, c’est-à-dire une parole puissante qui crée aussi bien un événement qu’un état d’esprit de haut niveau, mais sans en même temps tout détruire ou endommager autour de soi, les êtres humains en particulier.


Je prends comme exemples quelques types fréquents de désajustement dans la parole observés au fil de mes rencontres de toutes sortes avec des humains.


Commençons par l’inverse de la parole créative: le silence abusif ou «la parole retenue».

Certaines personnes sont muettes, presque absentes et quelquefois complètement figées dans l’expression de leur personne. Leur mode d’interaction avec l’univers est d’exprimer le moins possible, d’en dire le moins possible, de se replier. L’origine de ce mode d’action peut être par exemple la mémoire de l’âme, le tempérament à la naissance, une culture familiale centrée sur l’ignorance ou l’évitement de la communication, des modèles parentaux peu expansifs par nature ou des mécanismes de survie développés à partir d’expériences souffrantes, réelles ou appréhendées, avec l’environnement humain.

Dans certains cas, le corps peut plus ou moins clairement parler. Le regard peut manifester des choses. Des gestes peuvent être esquissés ou devinés. Mais les mots ne sortent pas. Et souvent, les émotions sont à l’avenant. Avec le temps, le dos, physique ou psychologique, a tendance à se voûter et les yeux à regarder de plus en plus vers le bas, sinon vers le vide. La personne n’existe qu’à demi. Elle survit au lieu de vivre dans sa puissance.

Ces individus ignorent ou font mine d’ignorer, souvent par peur du changement et de l’insécurité qu’il génère, que la conscience réelle ne provient pas que de l’accumulation d’informations, même très exactes et fournies par des êtres de haut niveau, mais aussi et surtout de l’expression agissante et créative de toutes les forces vivantes de leur être.

Une sensibilisation dynamique et une propulsion suffisamment puissante doivent alors leur être données, que ce soit par des événements de vie, pas toujours souhaités on le sait, ou par l’accompagnement volontairement choisi d’une personne à vibration plus élevée, thérapeute, sage ou partenaire de dialogue, qui leur servira temporairement de guide et de support.


À l’inverse, les humains sont souvent piégés dans «la parole abusive».

Il y a d’abord les gens dont la parole ne consiste qu’à rester en superficialité et à n’échanger somme toute que des banalités, qu’ils peuvent quelquefois considérer comme bien importantes dans leur vie, le temps qu’il fait par exemple, les événements politiques locaux et mondiaux, les péripéties qui surviennent dans l’existence de leurs enfants ou les petits maux physiques ou financiers qui peuvent les affecter d’un jour à l’autre.

L’un des pires types de gaspillage de l’énergie-parole, parce que tellement énergivore pour la personne qui est contrainte de la subir, est celle de l’individu qui interminablement «se raconte», gardant bien en main le micro de son narcissisme, ramenant constamment le discours sur les détails ineffables de l’expérience de son petit moi dans les différentes sphères si passionnantes de sa vie, et ne laissant aucune place à l’expression même timide de son interlocuteur qui doit alors se contenter de l’approuver à chaque seconde pour ne pas rompre la relation en interrompant la «diarrhée verbale».

En parallèle à ces comportements «éteignoirs», on retrouvera sans surprise les éternels «questionneurs», ces gens qui semblent s’intéresser à vous, mais qui s’intéressent en fait davantage à l’élaboration de leur propre roman sur votre personne et votre vie, des gens qui, plutôt que par l’amour et l’empathie qu’ils pourraient diriger à votre bénéfice, sont satisfaits s’ils peuvent établir une sorte de diagnostic sur ce qui vous arrive en se donnant l’impression d’avoir tout compris, quelquefois avec le sentiment à peine voilé de leur chance de ne pas être tombés dans des pièges aussi cons que les vôtres.

En complément et pour assaisonner la vinaigrette, on retrouve aussi les «commenteux», qui ont des opinions et des explications sur tout mais qui ne vous laissent jamais élaborer votre point de vue, leur moi et leur savoir étant toujours proéminents. Pire encore, on peut se retrouver face aux «critiqueurs» qui ne se gênent pas, eux, pour vous blâmer et vous amener à vous sentir coupable, tellement certains qu’ils sont de leur supériorité morale ou intellectuelle par rapport à vous.


Il y aurait long à dire sur toutes les autres façons, volontaires ou pas, d’abuser de la parole.

L’une d’entre elles est de savoir utiliser plus ou moins consciemment un «ton» de voix qui s’élève soudainement en cours de phrase, imperceptiblement ou à plus grande force selon le besoin, lorsque l’interlocuteur tente d’interrompre le flux verbal en cours pour placer un mot.

Un extra à ce manège est de pouvoir utiliser, consciemment ou pas, par disposition naturelle ou après l’avoir sciemment développée, une voix surpuissante, très ancrée dans le bas-ventre et la cage thoracique, et qui lorsqu’elle s’élève dans un registre à la limite du tonitruant, que ce soit en privé ou en public, fait taire tout le monde, écrasant et balayant autant les objections que les vibrations et les personnes. Une arme lourde en quelque sorte.

Ne quittons pas le tableau sans mentionner aussi les gens qui sont en conversation avec vous mais dont le «mental» est dispersé, continuellement sollicité vers autre chose en même temps qu’ils vous parlent ou que vous leur parlez. Leur esprit est tout-à-coup dérangé par une image soudaine, une tâche à faire ou un fait dont ils ont oublié de vous entretenir, même s’il n’est pas en rapport évident avec le sujet amorcé. Ces personnes, bien que rarement mal intentionnées, interrompent et «coupent»néanmoins sans cesse le fluide de la parole et de l’échange entre deux êtres. Il va sans dire que dans l’intérêt de leur propre conscience, leur attention, leur centricité et leur volonté auraient avantage à être recadrées.


On pourrait penser que ces types de comportement ne concernent que des individus moins sensibilisés aux paramètres du développement de la conscience. Que l’on se détrompe! Je parle chaque jour à des personnes très «conscientisées» qui répètent à l’infini l’une ou l’autre de ces erreurs, souvent sous couvert de «canalisation» de hautes énergies ou d’échange d’informations provenant «d’initiés».

Dans certains cas, le profil de ces personnes se rapproche dangereusement de celui des faux-éveillés.

Une parole peut être de haut niveau. Elle ne peut cependant faire l’économie d’un respect absolu et intégral de l’autre.


La parole consciente est puissante. Pour soi-même, elle fracasse les peurs, les armures de personnalité et les carapaces de toutes sortes qui limitent la vie et son expression.

La parole consciente est généreuse. Elle met l’amour en appui à la volonté pour créer à l’égard de ses semblables les mêmes éthers de puissance et d’élévation vibratoire que celles dont l’individu est appelé lui-même à disposer.