PIERRE-LUC:

Continuant le mouvement entrepris il y a quelques semaines de vous présenter de temps à autre des personnes assez «haut-branchées» qui ont actionné leur créativité parallèlement à un travail de coaching personnel et ont accepté d’être présentées comme des partenaires de réseau avec Sixième Fondation, voici aujourd’hui un texte de Laura B.


LE SERPENT ET LE LION

Laura B.

Tu es seul, au milieu de nulle part. À la merci d’une faune aride. Tu as sorti ton arme. Tes mains sont moites. Non pas à cause de la chaleur, mais à cause de ta peur. Qui s’est décuplée une fois avoir entendu le rugissement de ce lion.

Un son qui t’immobilise. Un son qui se rapproche. Qui, malgré la terreur, te permet d’être prêt. Prêt à tirer. Pour finalement supprimer la menace.

Ainsi, ce rugissement n’est-il pas qu’un ultime acte d’arrogance de la part d’un prédateur qui se sait tout puissant ? Acte qui aura annulé tout effet de surprise. Qui aura armé ton besoin de survie. Et qui aura mis fin à la sienne.

Mais lorsque tu étais en train d’écouter attentivement ce son, lorsque tu étais en train de guetter le grand méchant lion, quelque chose d’autre te guettais.

Dans le silence, se mouvant dans une lenteur malicieuse, se trouvait une force presque imperceptible. Un prédateur que tu ne vis que trop tard. Car, autour de tes pieds, s’était tendrement enroulé un boa qui avait déjà commencé à te tuer.

Le danger est aussi silencieux. Il est aussi invisible.

Nul besoin d’être Lafontaine pour comprendre la morale de cette histoire.

La puissance ne prend que la forme qu’on lui donne. Elle n’a aucune préférence. Elle appartient à celui qui sait la porter.

On ne compare pas la force d’un lion à celle d’un serpent comme on ne devrait comparer la force d’un homme à celle d’une femme.

La force de l’homme, du mâle, n’est plus à démontrer.

Tel le lion, lorsque l’homme met en action sa puissance, elle est tangible. Épaisse, lourde et bruyante. À la vision de cet être qui nous impressionne, on est traversé par la peur. La gorge nouée, nous prions pour disparaître. Certains mêmes chercheraient à se soumettre.

Tel le rugissement du lion, il crée la terreur chez ses adversaires. Mais prend le risque d’être prévisible et surtout, visible.

Or, lorsque l’on voit le serpent, on est comme figé sur place. Hypnotisé par la peur. Une peur froide et silencieuse. Avec un désarroi terrible, de comprendre que l’on est impuissant.

Qui pourrait croire qu’une chose aussi informe puisse être aussi mortelle ?

La femme aussi, se meut dans les ténèbres. Tel le serpent, elle connait ses faiblesses dont elle joue comme elle use de ses qualités.

Elle sait que son image ne démontre pas sa force. Son corps n’est qu’une illusion de vulnérabilité éclipsant sa puissance réelle. Que tu comprends dans la fermeté de son regard. Dans sa patience et sa résilience. Dans le silence mortel caché derrière ses lèvres.

La puissance de la femme ne prévient pas.

Tu n’as pas à choisir entre vouloir être un serpent ou un lion. Car tu n’es ni serpent ni lion.

Tu n’as pas à choisir quel genre de prédateur, quel genre d’individu être. Car tu n’es rien d’autre que toi-même. Et la puissance prendra ton visage lorsque tu la mettras en application.

Reproduire la force d’un autre n’est alors que l’emprunt d’une force qui s’est dénaturée. Et non la création pure et réelle de puissance. Qui, elle, n’a aucun prédateur.


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