QUESTION par «antitrust»

Je m’aperçois que je parle de façon polarisée. Je peux observer l’impact que cela a chez moi, mais aussi chez la personne qui m’écoute, nous maintenant elle et moi dans la conscience que nous connaissons tous. Ce balancement dans le mental vers les extrêmes, loin de la centration, autour du «neutral»…

Aussi, je sens qu’il se produit quelque chose avec les termes «d’accord», «pas d’accord», «on est bien d’accord»… Pouvez vous nous éclairer. Merci.

PIERRE-LUC:

Je vous réponds sous l’aspect de la pensée polarisée et de la mécanique qui pousse inconsciemment l’individu à être «d’accord» ou «pas d’accord».

La pensée polarisée est un phénomène spécifique aux univers plus denses pour rendre possible le travail de création et de mouvement dans le monde de la matière. Dans les univers plus élevés en vibration, la pensée est universelle et sa lumière s’étend à l’infini, sans zone d’ombres ni contrastes. Elle devient alors comme un état de fait, une omniprésence, un bain, à une échelle différente mais à l’image de l’air que nous respirons dans nos mondes terrestres.

Dans pareilles conditions, tout étant réel au même temps, les cloisons factices établies dans d’autres mondes entre des concepts ou formes-pensées comme «bien ou mal», «vrai ou faux», «avoir raison ou avoir tort», ou encore «être d’accord ou pas d’accord» ne tiennent plus et deviennent caduques, ce qui peut déconcerter le nouvel arrivant dans ces univers.

Dans les sphères de plus grande densité au contraire, la polarisation est mécaniquement nécessaire à la création du mouvement. Ainsi, pas de descente d’énergies de haut niveau sans montée des énergies plus denses, dites «des ténèbres». Notion souvent surprenante pour les âmes très spiritualisées.

Sous un autre angle, il n’y a pas de montée vibratoire réelle et vivante pour l’individu sans complémentarité réelle et vibrante avec les énergies plus denses de sa vitalité, de la sexualité, de l’argent, de la pierre et de la terre.


Cette polarité pose cependant problème en ce sens que dans ses aspects les plus denses, elle implique des composantes d’émotivité et d’animalité propres à la race humaine qui, à la longue, deviennent trop lourdes et tendent à retenir l’individu trop longtemps vers le bas.

Par exemple, dans le monde de la pensée, l’homme s’attache à ses opinions, à ses convictions, à sa petite histoire, à ses mémoires. Au moment d’une nécessité d’ouverture d’esprit, des choses pour lui «se peuvent» et d’autres «ne se peuvent pas». Son esprit est encadré et emprisonné par des formes connues et sécurisantes. Il souffre alors d’une limitation pathétique de l’accès aux données du réel. Sa vision est compartimentée. Le jour, il ne peut voir la nuit, et la nuit, il ne peut voir le jour.

De la sorte, quand il discute avec autrui, l’individu ne peut rarement ouvrir en même temps plus d’un tiroir de son classeur personnel, ni même souvent jeter un simple coup d’oeil au tiroir de l’autre qui est ouvert devant lui, ne serait-ce simplement que pour réaliser qu’il existe.

Au contraire, il va s’acharner à défendre bec et ongles son propre tiroir, souvent celui qui a sa prédilection dans toute discussion et quelquefois son unique tiroir de vision de la vie. Et il va le défendre pour «avoir raison» et «gagner», sa survie et son identité psychologique étant rattachées à sa victoire ou à sa défaite dans ce match puéril.

À la limite, il ne sera «d’accord» qu’avec sa propre opinion, et son combat acharné sera basé sur une volonté bien animale de préséance, d’ascendance et de domination, quel qu’en soit le degré de subtilité ou de voilage à ses propres yeux.

À la fin, celui qui aura «eu raison» aura conquis sur le territoire de l’autre, mais aura aussi gardé l’entièreté de son carcan de pensée et de son désolant écart à la lumière. L’autre quant à lui, s’il ne s’est pas carrément coupé psychiquement et socialement du premier, ruminant peut-être secrètement vengeance, et ne s’est pas de ce fait retranché dans sa propre prison idéologique, aura au contraire baissé pavillon et sacrifié en même temps une partie de sa puissance personnelle.

Dans tous les cas, il y aura rigidification de la pensée, sclérose graduelle et perte de vision. Ainsi le veulent les limites de la polarisation.


Dans les univers systémiques par contre, les intelligences ont accès en même temps à toute la lumière que leur permet leur calibre vibratoire. Elles n’ont donc rien à défendre pour maintenir un statut personnel quelconque. Elles ne «discutent» plus, au sens terrestre du terme, elle n’ont plus besoin «d’avoir raison» ni de chercher à établir une préséance de «vérité».

Ces êtres se retrouvent au contraire dans un même courant vibratoire. S’ils doivent oeuvrer ensemble, ils regardent et «étudient» de façon neutre une question plutôt que de la «débattre», combinant leurs intelligences plutôt que les mettant en affrontement. Dégagés du moi, ils sont en réseau. Ils sont en alliance d’esprit. Ils sont «en accord», comme les instruments d’un même orchestre devant la partition à jouer, au lieu d’être simplement «d’accord» ou «pas d’accord» au niveau d’un moi psychologique constamment soumis aux lois de l’accommodement sans fin ou de la domination sur l’autre, c’est selon, toujours au détriment de la puissance et de l’identité réelle.


À l’échelle humaine terrestre, on voit tout de suite l’effort requis dans ce contexte pour décontaminer et épurer un dialogue qui ne demanderait plus désormais aux partenaires d’avoir raison ou d’être d’accord sur un compartiment ou l’autre de la pensée figée mais les placerait en véritable alliance d’esprit qui permette l’arrivée de nouveau matériel dans leur connu, avec la joie vibrante qui l’accompagne la plupart du temps.

Parmi les ingrédients d’une recette en ce sens, on notera simplement l’effacement et le calme graduel de l’ego, la présence totale et sans faille à la manifestation en cours chez l’autre et la vibration de respect intégral, donc d’amour, constamment portée dans l’échange.

ME REJOINDRE