La croyance est l’état dans lequel une personne se laisse imbiber spontanément par une information reçue sans l’avoir vérifiée comme réelle. Elle prend toujours assise sur l’impression, l’impulsion, l’émotion et le besoin de se raccrocher à quelque chose, souvent pour survivre ou pour se donner une illusion d’identité par exemple.

La croyance peut avoir une fonction utile pour la construction d’un moi individuel dont les ressources intellectuelles et les capacités de discernement ne sont pas encore suffisamment développées. 

Ainsi le jeune enfant, sauf en cas de circonstances adverses au cours de son développement, «croit» ses parents, leur «fait confiance» et s’abandonne à leur enseignement. Il s’agit là d’un mécanisme intelligent de survie et de développement, vu les circonstances. L’état de réceptivité indispensable qui caractérise ce stade de vie facilite ainsi la transmission des informations enregistrées dans les mémoires ancestrales,  familiales et sociales de tout acabit qui sont nécessaires à la survie.

Il en est de même au plan plus large d’une société dont le niveau de maturation émotive et intellectuelle peu élevé au départ doit être graduellement haussé au cours des âges au-dessus de son état animal initial vers des vibrations plus hautes, celles de l’âme et de l’esprit. La finalité de la croyance est alors de créer un noyau de conscience morale, premier niveau d’une conscience psychique plus vaste, et de ce fait d’augmenter le degré d’altruisme, de sensibilité, de sécurité et de confort des interactions sociales entre individus.

Traditions orales, lois, religions et codes de vie font par exemple partie à divers degrés de ces mécanismes évolutifs de premier niveau.

En même temps, ce mécanisme sert à juguler au moins en partie l’insécurité d’individus ou de sociétés qui n’ont pas encore suffisamment de ressources identitaires solides pour affronter par eux-même les divers aléas de la vie, notamment l’obligation de se nourrir chaque jour, de se protéger efficacement des prédateurs, petits ou grands, et de régler soi-même ses conflits avec les autres membres du groupe.


Pour un individu adulte en évolution de conscience, le phénomène de la croyance se définit essentiellement au niveau de l’abandon de son intelligence à une source extérieure de référence et de «vérité».

Dans cet univers, lorsqu’une information est reçue, le discernement personnel est supplanté par l’émotion qui imprègne la situation, par l’effroi, la colère ou le désir par exemple, ou encore par l’impression forte reliée au messager lui-même, sa réputation, sa position sociale dominante, son magnétisme physique ou sexuel, l’ascendant exercé par sa personnalité, ses habiletés de persuasion ou ses talents de conteur notamment.

À ce moment, l’esprit tombe en veilleuse, le coeur s’ouvre avec son éventail d’émotions et d’aspirations et l’âme se lie sans réserve en une sorte de «communion» de pensée et de sentiment à la personne ou à la cause que celle-ci représente.

On croira par exemple qu’une personne nouvellement rencontrée est l’homme ou la femme de sa vie, qu’un candidat politicien au charisme triomphant va bouleverser les règles traditionnelles et nous sortir d’un chaos financier ou social, qu’un christ ou au contraire une «bête de l’Apocalypse» viendra révolutionner le monde «à la fin des temps», qu’il y aura vraiment une «fin des temps», etc., tout cela sans pouvoir ou même vouloir le vérifier.

La liste des croyances plus ou moins sensées des masses humaines pourrait être étirée sur des pages et des pages, jusqu’à «la fin des temps» en quelque sorte.


Un des problèmes de la croyance est qu’elle déplace l’identité individuelle requise pour l’apparition d’une conscience réelle vers une identité uniquement collective qui la dilue, l’affaiblit et l’enchaîne pour des siècles dans des cycles sans fin de réincarnations successives.

Un autre problème est qu’elle imprime en permanence dans la psyché de l’individu la préséance spontanément accordée à «l’impression» sur l’intelligence réelle de haut niveau pour laquelle elle constitue une barrière de plus en plus opaque, cristallisée et impénétrable.


Plusieurs des personnes que je côtoie ont suivi de près ou de loin les enseignements de personnages de haute stature sur les plans spirituels ou mentaux de niveaux élevés.

De tous ces grands êtres, Bernard de Montréal est très certainement celui qui a le plus mis en évidence la toxicité de la croyance et insisté sur la nécessité absolue de «ne jamais croire», notamment pour se protéger de ce qu’il a appelé «le mensonge cosmique» qui trompe l’humain à des échelles quasi inconcevables depuis des millénaires.

Fortes de cet enseignement qu’elles ont très bien retenu, plusieurs des personnes en contact plus ou moins direct avec son instruction aiment bien penser qu’elles ne se laissent pas prendre par la croyance.

Pourtant, on se rend rapidement compte que malgré leur conviction, ces personnes «croient» elles aussi, mais que leur croyance s’est déplacée sur d’autres «vérités» plus «nobles» qu’elles ont acceptées d’emblée, sans toujours avoir contenu ni traversé le temps requis pour bien les vérifier et les intégrer de façon vivante à leur psyché.

Elles croiront par exemple au «supramental» comme à une zone cosmique réelle en soi, une sorte d’espace céleste enchanté dont l’idée les réconforte par sa douceur éthérique et auquel elles auront finalement accès si elles «suivent» les enseignements donnés. Parallèlement, la vie les verra toujours prêtes comme des missionnaires à prêcher avec ferveur leur religion à leur entourage, que celui-ci le veuille ou non.

La véritable odyssée vers la conscience réelle est une toute autre chose, avec moins de roses et plus d’épines, la dorsale surtout.

Ces personnes, magnétisées par la croyance même à leur insu, croiront également qu’elles peuvent «compter» sur leur ajusteur de pensée et que «les forces» vont les aider dans les moments difficiles. Mieux vaudrait pour elles qu’elles s’attendent moins à «un coup de main» de la part de ces mondes froids qu’à «un coup de pied» pour les faire avancer.


Se guérir de la croyance?

La croyance humaine ne s’éradique pas par la simple bonne intention ou par une simple résolution de la volonté du moi. Elle est beaucoup trop imprégnée et ancrée dans toutes les pores de l’âme pour cela.

L’épuration de l’illusion sous toutes ses formes se fait par une mécanique événementielle très froide, souvent glaciale, gérée par l’ajusteur de pensée et la programmation de vie.

Cette mécanique est essentiellement basée sur la déception. Pensez à quelque chose qui a profondément transformé votre vibration interne et amplifié votre champ de vision en élevant de manière significative votre niveau de conscience au cours de votre vie et il y aura de fortes chances qu’une expérience de déception sous une forme ou une autre en ait été la pierre angulaire.

Aussi, dans une optique d’avancement accéléré de votre conscience et avec la générosité qui me caractérise, je vous souhaite la meilleure des déceptions pour 2017 !

PIERRE-LUC 

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