QUESTION par Jérémie (Ciboure, France)

J’écoute depuis plusieurs années des enregistrements de conférences sur la psychologie supramentale. Je trouve là des informations très stimulantes qui me rejoignent beaucoup.

Par contre, il ne m’est pas facile d’être plongé constamment dans ce matériel très vibrant et d’avoir en même temps l’impression de ne pas avancer de façon tangible dans ma conscience.

J’aimerais savoir s’il serait possible d’accélérer ma montée en conscience et quels seraient alors les moyens les plus efficaces pour y arriver?

PIERRE-LUC:

Le premier point fondamental à ne jamais oublier dans tout processus de conscientisation qui, tel que le vôtre, se déroule aux niveaux supérieurs du mental est que, contrairement à ce qui a prévalu auparavant pour l’évolution de l’âme, ce n’est plus l’humain qui dorénavant doit «monter» vers la conscience, c’est maintenant la conscience qui «vient» vers lui, de façon froide et impersonnelle, dans son temps et dans sa forme à elle.

Donc, et je ne le répéterai jamais assez, la première condition pour «monter» en conscience dans les mondes de l’esprit est de «ne pas vouloir» monter, «ne pas vouloir» accélérer, «ne pas vouloir» faire une démarche évolutive, «ne pas vouloir» devenir conscient. En d’autres mots, de se débarrasser du désir, de l’obsession ou de l’ambition d’être conscient ou «élevé en conscience». Donc de lâcher prise, de se désengager totalement du vouloir de l’égo et de laisser l’énergie faire son travail.  

La descente des énergies mentales de haut niveau, ce que vous appelez «la conscience», qui n’est en fait que son résultat et sa manifestation dans le champ énergétique humain, fonctionne selon ses propres lois. Elle n’a aucun besoin de l’effort de l’ego, ni de son consentement d’ailleurs, pour se manifester et faire son travail de pénétration active et de transformation.

L’ego spirituel, habitué par son parcours évolutif antérieur dans le monde de l’âme à «vouloir» s’améliorer et à «commander» en quelque sorte son développement à partir de préceptes et d’exercices répétés, inspirés de ses bonnes intentions et du grand enthousiasme de son âme pour la recherche du «bien», n’est pas facilement enclin à faire tout à coup table rase des anciennes méthodes et à lâcher prise dans un mouvement nouveau qu’il ne contrôle plus et dont il ignore le résultat final exact sur lui.

C’est pourtant là une étape fondamentale d’une évolution bien orientée vers une nouvelle conscience.


Je ne vous conseillerai donc rien qui aille dans le sens d’essayer de de diriger, d’orienter, de contrôler, d’accélérer, de forcer ou de pousser le processus.

Par contre, certains principes intelligents peuvent être pris en considération pour «faciliter», ou à tout le moins «ne pas obstruer», souvent à prix énergétique très élevé dans ce cas, le passage de la conscience.

Je vous en propose trois.


Le premier pourrait s’appeler «préparer le terrain». Pour que le passage de la conscience à travers les corps énergétiques se fasse avec un minimum de souffrance, l’ego et l’âme doivent être les plus dégagés et les plus transparents possible. Dans ce sens, la pensée, la personnalité, les mémoires, les attaches affectives et le mode de vie général doivent être passés au peigne fin pour un nettoyage le plus complet qu’il soit possible de faire sur soi à partir d’actions volontaires et conscientes, le reste étant pris en charge par «la vie».

Préparer le terrain signifie d’abord mettre de l’ordre dans sa vie. Ceci implique en premier lieu que toutes les décisions petites ou grandes qui auraient dû être prises et qui ont constamment été remises à plus tard, quelles qu’en soient les raisons, doivent maintenant obligatoirement et dans un délai très court, quelques semaines ou quelques mois au maximum, voir un aboutissement réel vers un passage à l’action, de façon à dégager l’agenda mental et les congestions énergétiques que l’indécision et la procrastination ont entraînées.

Ces décisions concerneront par exemple aussi bien un ménage de la résidence, un tri de vieux vêtements, un projet laissé en plan, une démarche de santé naturelle à démarrer ou une innovation à faire au niveau du  travail, aussi bien qu’un réajustement à faire dans le cadre d’une relation devenue insipide, encombrante ou toxique. Un changement complet et radical peut aussi s’imposer dans le mode de vie.

Préparer le terrain signifie aussi se libérer le plus rapidement possible de toutes les formes d’attachement, attachement aux souvenirs, attachement aux habitudes et attachement aux personnes notamment.

Le passage des énergies de haut niveau ne tolère pas les barrages qui encombrent l’âme et freinent sa mobilité. Il tend plutôt à les fracasser brutalement par des événements de tout acabit, généralement des pertes et des déceptions, surtout lorsque ces barrages sont trop résistants.

Les barrages d’attachement prennent presque toujours appui sur deux sources principales, très étroitement reliées par ailleurs: le monde des mémoires, collectives, générationnelles, culturelles, spirituelles ou autres, imprimées dans l’âme tout au long du parcours des multiples vies de l’individu, et celui des liens sous toutes leurs formes et dans toute leur étendue, liens familiaux, liens conjugaux, liens d’appartenance, raciale, ethnique, linguistique, intellectuelle ou religieuse, liens d’apparence ou de convenance sociale, liens de connivence dans l’ambition, le plaisir excessif, la déviance, la destruction ou même le malheur partagé, nommez-les…

Les liens «lient». Les liens «attachent». Tout ce qui attache crée des congestions et de la fixité dans le mouvement de l’énergie d’un individu.

Dans la nouvelle conscience des mondes systémiques, tout ce qui «attache» sera obligatoirement détruit. Au contraire, tout ce qui crée des «alliances» par des accords mutuels clairs et intelligents entre esprits affirmés et individués deviendra la norme et servira à la construction de la nouvelle fondation de l’individu.

Préparer le terrain de la conscience nouvelle implique donc d’accepter sans faiblir ni discuter la dissolution et la disparition hors du champ vibratoire personnel de toutes ces anciennes énergies cristallisées qui ne sont plus requises. Un défi pour la majorité des humains actuels.


Un second principe important pour faciliter le travail de passage et s’épargner des douleurs inutiles est de «contenir» parfaitement, sans jamais défaillir ni douter, le processus initiatique dans toute sa globalité, sa durée, son intensité et son imprévisibilité. Se plaindre ou s’effondrer ne servira à rien, sinon à se placer en mauvaise posture vibratoire pour affronter ce qui doit arriver.

En tout temps donc, il est indispensable de maintenir dans ses corps énergétiques, physique, émotif autant que mental, un équilibre constamment surveillé et réajusté, veillant à ne jamais se laisser trop longtemps débalancer ou même abattre tout au long du processus par les ponctions inévitables faites sur la vitalité, par les agressions répétées des zones émotives et nerveuses ou par les tentatives d’invasion de la pensée.

En ce sens, la respiration, l’alimentation vivante, l’exercice physique régulier et l’interface avec des personnes à haute vibration sont parmi les outils de premier choix.


Un troisième élément intéressant pour les «amateurs de conscience rapide» aussi bien que pour ceux qui veulent simplement survivre au démembrement de leurs anciennes structures est de se maintenir en état de création constante.

Créer, c’est se manifester. C’est projeter une vibration. Dans le cas du processus initiatique, c’est pulser un mouvement positif «d’expression» pour neutraliser, au moins en partie, les effets potentiellement dévastateurs d’énergies devenues négatives par leur facilité à forcer l’accumulation «d’impressions», de «compressions» et éventuellement de «dépressions» dans la psyché humaine.

La création agit comme contrepoids à une masse énergétique trop soudaine et trop imposante qui autrement pourrait mettre l’individu en déséquilibre, diminuant l’effet d’écrasement produit par la puissance de ces nouvelles énergies. Sous un autre angle, son action est semblable à  celle d’un antidote face à un puissant venin inoculé trop brutalement et à trop forte dose dans le système.

En même temps, la création agit comme un exutoire à la pression, un peu comme lorsqu’on ouvre les vannes d’un barrage pour dégorger un surplus d’énergie potentielle accumulée ou l’empêcher de déborder.


L’outil créatif le plus performant pour l’être en devenir dans une conscience de haut niveau est sans contredit le son, dans sa forme pulsée, chantée, psalmodiée, fredonnée, murmurée, jouée sur un instrument, frappée, rythmée, dansée ou même criée, et prioritairement bien sûr dans sa forme si versatile et si puissante que constitue la parole.

Je parle évidemment de la parole vibratoire, celle qui provient d’une émission puissante et spontanée de l’esprit, et non de la parole de remplissage affectif, intellectuel ou social accompagnant généralement l’humain dans son habitude de communication désajustée.

La puissance du son pulsé sans réflexion ni entraves à travers le centre énergétique de la gorge, lui-même branché en résonance avec les centres supérieurs, est l’un des rares outils présentement disponibles à l’être humain pour se connecter un tant soit peu aux mondes systémiques plutôt qu’aux sphères astrales terrestres qui autrement ont tendance à occuper toute la place dans son canal de communication.

Le son, et notamment sa manifestation articulée dans la parole, est l’outil créatif du futur. À elle seule, la parole vibratoire est à la source de phénomènes très puissants pour le développement et le maintien d’une conscience de haut niveau.

Au plan terrestre, en plus de servir comme propulseur pour l’élévation vibratoire, la parole en puissance va permettre d’agir dans la stabilisation et la ré-équilibration des centres énergétiques, notamment pour maintenir en permanence une vitalité des corps ou pour opérer un recentrage rapide de l’énergie globale, à la suite d’un événement bouleversant ou d’un «épisode initiatique aigu» par exemple.

La parole vibratoire créera également un écran énergétique puissant contre les tentatives d’intrusion externes dans le territoire psychique, tel un appareil émetteur de radiations pour chasser les moustiques.

En même temps, elle contribuera à l’ouverture graduelle des canaux psychiques vers les circuits universels.