QUESTION par David L. (Québec, Canada)

J’ai lu avec intérêt le texte que tu as écrit sur mon questionnement se rapportant à l’ajusteur de pensée qu’on retrouve dans ton article s’intitulant «Ajuster son ajusteur?».

Il a été question que «…l’ajusteur va continuellement tester la contenance de l’individu face aux divers événements créés dans son incarnation, tout autant que sa vitesse de remise en équilibre suite aux désordres provoqués dans le monde de sa pensée. »

Est-ce que cela revient à dire que si l’individu est capable d’assumer certaines situations de vie difficiles en restant stable dans le mental,  il va être testé par la suite à l’égard de situations de plus en plus difficiles, comme s’il était soumis par son coach à un entraînement physique où les poids soulevés deviennent de plus en plus lourds à mesure que sa force musculaire augmente?

Par exemple, si l’individu est capable de subir un accident d’automobile où une partie de la carrosserie est détruite sans en souffrir subjectivement et réfléchir l’événement, est-ce que cela veut dire que par la suite, son ajusteur de pensée, constatant qu’il a resté stable à l’égard de cet événement qui l’aurait fait réagir émotivement plus jeune, peut lui créer un autre accident d’automobile plus tard, mais où il va perdre une partie de la jambe ou peut-être sa compagne, tout ça pour savoir s’il est capable d’encaisser ce choc plus grand tout en restant neutre dans le mental?

Je veux savoir s’il y a une gradation visant une désensibilisation systématique de l’attachement à la forme pour l’ego. Si c’est le cas, peut-on considérer l’individu qui est programmé pour être ajusté constamment par l’ajusteur de pensée comme étant une sorte de martyr de la conscience nouvelle, car exposé à des événements de plus en plus souffrants pour l’ego ?

Puis, encore  dans cette optique, est-il réellement pertinent de développer la stabilité mentale, sachant que les tests suivants de l’ajusteur vont devenir de plus en exigeants, donc plus souffrants et anxiogènes pour l’ego. Cette conception de l’ajusteur de pensée qui électrifie régulièrement l’individu dans le cadre d’une évolution de conscience s’accélérant ne peut-elle pas nourrir chez celui concerné un trouble anxieux ou l’amener à devenir suicidaire avec le temps?


PIERRE-LUC: 

Cher David, ta description n’est exacte qu’en partie seulement.

L’ajusteur de pensée est doté d’une intelligence dite «pré-personnelle» qui en plus d’être branchée sur de hauts niveaux de vibrations présentement inaccessibles à l’homme est exempte des limitations mémorielles de l’être humain aussi bien que de ses colorations animales de compétition, de domination, de rigidité ou d’entêtement. Cette intelligence est très versatile et facilement modulable selon le besoin présenté.

Dans ce contexte, si un événement a une raison d’être pour «l’ajusté», par exemple un accident d’automobile pour désintégrer ou ébranler une rigidification trop forte de la personnalité ou pour signifier un changement de direction de vie, il sera créé. Si l’accident ne produit pas l’effet escompté ou amène l’individu à se raidir encore plus, l’ajusteur intelligent ne cherchera pas en général à écraser davantage en «mettant plus de ce qui ne marche pas», selon la formule américaine, par un accident ou une catastrophe plus dommageables notamment, comme tu sembles le craindre, mais plutôt à contourner les résistances par d’autres moyens initiatiques plus raffinés.

Il travaillera par exemple par «grappes» d’événements, certains éventuellement agréables mais amenés de concert avec d’autres pas toujours aussi bienvenus, plutôt qu’en augmentant bêtement la pression comme un coach idiot qui s’entêterait dans une ligne d’action ne donnant à l’évidence rien de plus, ou pire qui aboutirait à l’anéantissement de son poulain. Il pourra également oeuvrer en finesse en faisant alterner douceur et apparente brutalité, la carotte et la bâton en quelque sorte, mais toujours dans la ligne de son mandat d’élever sans détruire.

Oui, donc, il peut y avoir gradation dans la force et la sévérité du moyen utilisé, mais une gradation qui devra respecter l’intelligence, exempte de la surenchère débile qui consiste à essayer de prouver qui est le plus fort, à l’image de certains sports ou de certains «débats intellectuels» qui ne sont que des «combats d’intellectuels» bornés à leur pseudo-supériorité et dont l’humain qui se croit évolué a le secret.

Même si je l’ai déjà présenté dans des articles précédents comme une sorte de mécanique, essentiellement pour mieux faire comprendre la constance de son intelligence dans le temps et défaire la sacralisation dont a tendance à le parer la spiritualité humaine, l’ajusteur n’a donc pas la fonction de barbare tortionnaire qui ne ferait que frapper sa victime jusqu’à l’écrasement et la soumission en lui faisant subir la torture et le martyre par un assortiment de manoeuvres sadiques, cruelles, vengeresses ou punitives. On serait à ce moment face à un quelconque représentant de l’archétype du dieu vengeur ou punitif si cher à certaines religions du bien et du mal, mais si contraire aux lois des plans de la lumière systémique.

L’ajusteur de pensée n’est pas «programmé pour tuer»! Détruire n’est pas son mandat. Son oeuvre ne fait pas partie des rayons de l’intelligence luciférienne ou satanique, centrés sur la domination, l’emprise et le détournement de la conscience. Elle est plutôt en branchement direct avec les énergies de plans supérieurs où prédominent en alliance les forces de la volonté et de l’amour.

Si je regarde à nouveau le texte de ta question, j’y décèle, il me semble, une forme de dépit devant un combat qu’il te semblerait devoir faire ou que tu aurais peut-être l’envie un tantinet orgueilleuse de faire avec ton ajusteur, instinct de compétition masculin aidant, mais que tu sens ne pas pouvoir gagner.

Au vu de ce combat qui apparaît perdu d’avance, par ton ego en tout cas, il semble alors te venir à l’idée, peut-être en guise de protestation contre ton impuissance, de carrément démissionner, si je comprends bien ton explication, et de te laisser dorénavant porter par la vie sans rien faire en trop, une sorte de «démission préventive», plutôt que de contenir de façon neutre et puissante l’électrification nécessaire de tes corps.

Cette tentation d’abandonner semble renforcée en filigrane par une inquiétude diffuse face à l’inconnu des futurs passages de vie à traverser, couplée à une crainte de «trop» souffrir. Je me trompe?

Pour un être en conscience, l’abandon n’est pas une option dans le processus d’élévation vibratoire. Le suicide à petit feu par évitement constant du courant de la vie encore moins.

Te connaissant un peu cependant, je ne crois pas que tu cèderas à ce chant des sirènes, même si la tentation peut en être forte par moments, comme pour la plupart d’entre nous d’ailleurs.

(P.S. J’ai trouvé bien rigolo ton concept de «martyr de la conscience nouvelle»)