QUESTION par Jacinthe (Bromont, Canada)

On a beau avoir l’impression d’être un peu conscient, et peut-être un peu intelligent, pourquoi faisons-nous autant d’erreurs au cours d’une vie, même une fois passées les périodes plus intensives d’apprentissage de l’enfance et de l’adolescence?


PIERRE-LUC:

Au départ, tout ce qui survient au cours d’une vie terrestre est expérience, apprentissage, ajustement, évolution. C’est la fonction première du passage en incarnation sur le globe.

Il faut donc accepter à la base qu’à des degrés différents, nous sommes chacun de nous inexpérimentés face à l’un ou l’autre des domaines de la vie terrestre et à ce qui adviendra après. Nous sommes donc, selon la formule consacrée, «à l’école de la vie».

Faire des «erreurs» en apprenant fait ainsi partie de toute forme de training, quel que soit le niveau de l’élève.


Néanmoins, il est possible de regarder quelques types d’erreurs d’ajustement fréquemment commises et dont certaines pourraient être évitées, une fois adéquatement identifiées et reconnues comme retardataires dans un schéma de vie.


Il y a d’abord les erreurs dues à la tendance inhérente de l’être humain à établir plus ou moins consciemment dans sa vie des patterns de comportement et de réactions émotives qui vont, du moins en a-t-il l’impression, lui servir de moyens d’adaptation aux différentes situations amenées par son quotidien, mais qui vont aussi éventuellement se cristalliser pour devenir partie plus ou moins intégrante de sa définition personnelle, de son identité et de sa personnalité.

Ce qui est surprenant, c’est que ces patterns vont persister longtemps, quelquefois jusqu’à la fin de la vie, même lorsqu’ils sont nettement perdants et dévastateurs pour l’évolution de l’individu. Une personne abusivement gentille ou soumise par exemple, une autre au tempérament dominateur ou contrôlant, une autre au style trop permissif, laxiste ou procrastinateur. Tous des traits qui normalement devraient être vus comme des erreurs à corriger en regard de l’intelligence.

Sauf que l’individu s’accroche à ce qu’il connaît déjà et s’y enferme, souvent par besoin de sécurité mais aussi par entêtement, par peur de toucher à ses fragilités ou par simple inconscience. Il dira alors pour se justifier et ne pas trop se faire ébranler dans ses fragiles fondations: «je suis comme je suis», «c’est à prendre ou à laisser» et «vous ne me changerez pas».

L’obstination, la cristallisation et l’inconscience prennent encore plus d’ancrage lorsque les comportements perturbateurs sont associés à des gains secondaires, par exemple la pitié et les consolations (réelles ou mimées) attirées par les plaintes répétées sur ses propres malheurs ou au contraire le sentiment de pouvoir apporté par une attitude dominante et brutale qui brise les volontés, même si elle brise aussi les psychés et les relations.

Si en plus ces travers de personnalité et de comportement sont appuyés sur un héritage génétique trans-générationnel plus ou moins fort au niveau psychique, émotif ou hormonal, il peut y avoir à ce moment chez l’individu un bloc monolithique de comportements «erronés» qui vont devenir très difficiles et très longs à identifier et à changer dans une perspective d’évolution de conscience. On parle alors généralement de plusieurs incarnations qui seront requises.


Un deuxième type «d’erreurs» est en fait celles qui n’en sont pas fondamentalement… Je veux dire par là qu’il y a des décisions prises qui s’inscrivent dans le cadre d’événements de vie pré-programmés vers lesquels l’individu est dirigé inexorablement à un moment précis et qui ont pour fonction l’électrification de ses circuits mentaux en même temps que la disparition graduelle de ses encroûtages mémoriels, tout cela en vue de son élévation vibratoire.

Dans ces conditions, soit que la personne croit avoir le choix mais que celui-ci est déjà déterminé et fait partie de sa programmation initiale pré-établie, donc à ce moment il n’y a pas d’erreur en tant que telle, soit qu’un choix réel se présente à elle pour tester sa contenance et le niveau d’intelligence qu’elle a acquis jusqu’à ce jour. Dans ce cas, le choix approprié permet de monter à un échelon plus haut d’élévation et le choix «erroné», en supposant qu’il n’ait pas déjà été lui-même pré-programmé, est récupéré pour évolution ultérieure.

Tout ce processus échappe généralement à la logique et au contrôle de l’égo, rendant ainsi inutile le questionnement à propos du «pourquoi» nous avons pu faire telle erreur.


Une troisième catégorie d’erreurs,  provient des perturbations du jugement amenées par la persécution et le bombardement continuels de la pensée en provenance des sphères astrales à partir desquelles des entités affamées n’ont de cesse de tendre des pièges à l’humain pour le faire céder à diverses tentations, perdre sa contenance, tomber dans la fragilité et dévier de sa route vers l’intelligence. Ces entités sont à l’oeuvre nuit et jour pour l’assaillir et tenter de le réduire à leur merci pour se nourrir de ses émotions.

Leur façon de procéder est d’une simplicité enfantine en même temps que d’une efficacité redoutable: l’entité s’infiltre dans votre pensée en vous parlant en «Je».

À cause de ce «Je»dans votre tête, vous croyez que c’est vous-même qui pensez cette pensée. Vous êtes tellement dans la certitude que c’est vous-même qui pensez, comme tous les humains d’ailleurs, que vous adoptez immédiatement l’idée comme faisant partie de vous, de votre propre moi, de votre propre intelligence, même lorsqu’elle est complètement ridicule ou dangereusement dévastatrice, ce qui est généralement le cas lors de ces interventions prédatrices.

L’entité par exemple, au lieu de parler en «TU» comme elle le fait quelquefois et de dire «Lève-toi et va manger. Tu as encore faim», «Tasse-le de ton chemin celui-là», «C’est encore de ta faute si c’est arrivé» ou «Tu n’as toujours fait rien que des erreurs dans ta vie et c’est pas aujourd’hui que ça va changer» dira plutôt «Il faut que JE me lève et que JE mange. J’ai encore faim», «JE vais le tasser de mon chemin celui-là», «C’est encore de MA faute si c’est arrivé» ou «JE n’ai toujours fait rien que des erreurs dans MA vie et c’est pas aujourd’hui que ça va changer»

Vous voyez et sentez alors la pensée comme vous appartenant, simplement du fait que vous l’avez pensée, et oups! vous avancez dans la glissade de l’erreur. Les effets, dans l’émotion notamment, se font sentir tout de suite ou un peu plus tard selon le cas, mais en général dans le sens des dégâts.

Derrière vous, l’entité rit et savoure. Elle dira, si on la questionne, que les humains sont bien naïfs et qu’elle a de quoi se nourrir pour longtemps…

Dans d’autres cas, une technique différente sera utilisée, celle de l’addition dans le jeu de votre psyché d’un personnage qui représente une importance pour vous, à qui vous donnez crédibilité et dans lequel vous croyez. Un personnage religieux, spirituel ou ésotérique par exemple, ou un membre décédé de votre famille avec lequel vous avez toujours eu un lien très fort, un grand-père ou un enfant disparu par exemple.

Ce personnage vous parlera alors en«TU» au lieu de le faire en «JE» pour mieux vous faire croire à un dialogue constructif, en même temps qu’à une protection affectueuse de sa part à votre égard.

Derrière ce personnage, contrairement à ce qu’on voudrait souvent croire, il y a la plupart du temps une entité prédatrice qui, lisant vos propres fiches mémorielles dans l’invisible, donc votre profil personnel avec toutes vos faiblesses, vous conseille au début dans une direction qui semble bénéfique pour vous, pour ensuite petit à petit, comme un fournisseur de drogue avec son nouveau prospect et avec votre accord, vous assujettir à elle et vous abuser à son profit.

On pourrait toujours avancer que dans ce cas au moins, contrairement au précédent, il y a quand même l’avantage de ne pas se laisser prendre au piège du «JE». Mais est-ce vraiment moins dangereux ?


Une fois informé de l’existence de ces jeux pervers et après les avoir reconnus comme exacts, que faire pour limiter le nombre et la portée des erreurs?

Voici en guise de réponse une liste d’exemples de portes d’entrée souvent laissées ouvertes par l’individu à la manipulation de sa pensée, comportements ou états d’esprit que l’on pourrait tout aussi bien appeler «les amis des prédateurs»:

  1. L’ignorance des vraies réalités psychiques et la naïveté à leur sujet
  2. La tendance à croire tout ce qui vient de sa pensée
  3. L’inattention et le manque de vigilance en regard des intrusions dans la vie psychique lorsqu’elles se produisent
  4. Le déni et l’entêtement à continuer comme avant, même lorsque l’information correcte est donnée
  5. L’attachement à la mémoire, à la routine et aux vieilles façons de faire
  6. La perte rapide de la centricité devant un événement ou une proposition de la vie, en d’autres mots, la facilité à être poussé hors de son axe d’équilibre
  7. La dispersion mentale dans un trop grand nombre de directions à la fois
  8. L’asservissement aveugle aux désirs, aux ambitions et aux hormones
  9. Le manque de maîtrise suffisante de l’émotion
  10. Le doute
  11. La tendance à «casser» devant l’obstacle
  12. La difficulté à organiser sa vie pour être «en succès» plutôt qu’en échec.